Anh-Vu Nguyen, Fidzup : « La donnée géolocalisée de qualité est aujourd’hui un peu plus rare »

Co-fondateur et COO de Fidzup, un spécialiste du marketing local, Anh-Vu Nguyen revient sur l’accord trouvé avec la CNIL et sur son impact sur ses différents métiers.

Après plusieurs mois de négociation, la CNIL a dit oui à Fidzup. Sortez vous de cette épreuve fragilisés ou renforcés ?

AVN – Il est certain que cette procédure n’a pas accéléré notre croissance sur les derniers mois mais nous sortons de cette épreuve renforcés ! Pour une structure comme la nôtre, les investissements à consentir, en temps et ressources, sont importants donc cela nous a naturellement retardé sur d’autres sujets. Mais il était tout de même important de se consacrer à 100% à cette procédure avec la CNIL, tant elle est structurante pour notre business. Après 5 mois de travaux, nous avons aujourd’hui la certitude que nous récoltons nos données en compliance avec le RGPD via notre CMP propriétaire, et c’est évidemment un avantage concurrentiel de poids.

La CNIL tolérait l’opt’out sur le bandeau cookie mais exige désormais un opt’in multiple pour la donnée géolocalisée. Pourquoi un double standard ?

AVN – Il n’y a en réalité pas de traitement différent si l’on manipule le même type de données. D’après nos échanges avec la CNIL, si le cookie est lié à de la donnée géolocalisée, alors il faudra y apporter les mêmes standards que pour la donnée mobile. Fidzup n’opérant, à date, pas de cookie, nous ne sommes pas concernés. Mais il est évident qu’il y a aussi des détails à revoir sur la gestion du consentement autour des cookies.

A combien évaluez-vous le taux d’optin chez les publishers ? Quelle est la tendance ? Pourra t’on encore faire du drive to store à grande échelle ?

AVN – Il est encore un peu tôt pour pouvoir communiquer sur ce sujet avec seulement quelques semaines de collecte en référence auprès de quelques éditeurs. Nous ne sommes évidemment pas à 100% et cela aura un impact sur notre métier. Là où nous pouvions nous permettre de faire du 100% déterministe par le passé, la donnée géolocalisée de qualité est aujourd’hui un peu plus rare et personne sur le marché ne pourra prétendre opérer une campagne sur 100% des audiences cibles. C’est donc à nous de revoir nos modèles, et d’apporter, grâce au machine learning, des algorithmes d’extrapolation des performances pertinents pour nos clients pour appliquer nos technos sur 100% des mobiles. C’est justement ce que nous avons fait: grâce à un historique de 1000 campagnes opérées sur 5000 points de vente, dans des verticales variées, nous avons travaillé avec nos data scientists sur un algorithme d’extrapolation avec des taux de performance excellents.

Refuserez vous de travailler avec des éditeurs qui invoqueraient d’autres bases légales, comme l’intérêt légitime ou le contrat, pour la collecte de données de géolocalisation ?

AVN – Oui ! Il n’y à date aucun intérêt légitime qui justifierait de passer outre la récolte de consentement telle que nous l’avons travaillée avec la CNIL.
Par ailleurs, le contrat n’est pas suffisant, en témoigne l’expérience que vit actuellement Vectaury dans le cadre de sa mise en demeure.
Pour nous la démarche est simple: les éditeurs peuvent intégrer notre popup, ou alors nous validerons celle déployée par leurs soins. Nous travaillons actuellement avec les autres acteurs du marché sur une version commune pour simplifier cette démarche. Une chose est sûre, nous ne prendrons aucun risque sur ce point. Si la récolte de l’opt-in n’est pas conforme, alors nous ne récolterons/monétiserons pas la donnée.

Avec le RGPD, 2018 aura été une année compliquée pour les acteurs du programmatique en général et du drive to store en particulier. êtes vous optimiste pour 2019 ?

AVN – Bien sûr ! Chez Fidzup nous sommes optimistes pour 2019, nous avons tous les éléments nécessaires pour séréniser nos clients, leur apporter des garanties juridique solides et les accompagner dès décembre 2018 avec des campagnes drive-to-store 100% conformes à RGPD.  Mais attention le travail de la CNIL sur notre marché n’en est qu’à ses débuts. La CNIL va continuer son travail et d’autres mises en demeure sont à attendre sur les acteurs non contrôlés à date.

 

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