Ophélia Bierschwale, Yuka : « Notre application a failli être une carotte connectée » 

Responsable des Relations Presse & Marques de Yuka, Ophélia Bierschwale revient sur l’essor de cette application, qui révolutionne le secteur alimentaire et la manière de faire ses courses. Audience, business model, internationalisation, Ophélia nous dit tout sur cette application qui fait le bien.

La story Yuka, une app pour bien manger .. et faire le bien ?

OB – Oui ! En devenant papa, notre co-fondateur Benoit voulait savoir ce qu’il donnait à manger à ses enfants. Mais il s’est vite rendu compte qu’il fallait un Bac+10 pour déchiffrer les étiquettes des produits alimentaires et que ce n’était pas très pratique de faire ses courses en tenant un livre de nutrition ou de biochimie.

Les trois co-fondateurs, Benoit, François et Julie ont vite compris que la meilleure solution, c’était l’application tant pour scanner les produits que pour collecter les remontées des utilisateurs. Après une victoire lors d’un hackathon à la Gaîté Lyrique en février 2016, Yuka n’a officiellement été lancé qu’en janvier 2017.

Un peu plus de deux après, nous comptons 9 millions d’inscrits, près de 4 millions d’utilisateurs actifs par mois, de tous les âges, de tous les milieux, qui scannent chaque jour plus de 2,5 millions de produits.

Impossible de faire le bien sans une application ? 

OB – En effet. Pour l’anecdote, l’idée initiale n’était pas une application mais un objet connecté aimanté au frigo sous forme de carotte, et qui permettait de scanner les produits au retour des courses.

Mais il est vite apparu qu’il était préférable de scanner les produits avant de les acheter, c’est à dire pendant les courses, et qu’une application pour smartphone était la meilleure solution.

Aujourd’hui notre équipe de 9 personnes compte d’ailleurs 4 développeurs à temps plein, pour opérer l’application sur les plates-formes iOS et Android.

Vous changez les habitudes de millions de personnes. Quel est l’accueil des marques et des commerçants ?

OB – Nous avons assez peu de contacts avec les commerçants. Par contre, les marques ont découvert notre existence depuis l’année dernière et se rapprochent de nous, souvent de manière constructive, pour partager leurs données produit. Ils ont compris que les consommateurs réclamaient plus de transparence et qu’il serait inutile de s’opposer à ce mouvement.

D’ailleurs nous ne travaillons plus avec OpenFoodFacts et Yuka dispose désormais de sa propre base de données de 600 000 produits, dans l’alimentaire, mais également dans les produits d’hygiène et de beauté, qui s’enrichit quotidiennement de milliers de contributions de nos clients.

Yuka va devenir payant ?

OB – Yuka reste gratuit mais nous lançons par contre une déclinaison premium, pour 15 euros par an, et qui propose des fonctionnalités avancées comme une barre de recherche, un historique produits illimité et surtout un accès offline, pour les consommateurs qui avaient une mauvaise couverture réseau.

Nous espérons rapidement pouvoir séduire suffisamment de consommateurs pour couvrir les frais de fonctionnement de l’entreprise et financer nos futurs développements.

Justement c’est quoi le futur ? lancer un magasin ? un parti politique ?

OB – Outre le lancement de l’application premium sur Android et iOS, notre grosse actualité c’est le début de notre internationalisation avec la Belgique, la Suisse, le Luxembourg et puis sûrement la Grande-Bretagne voire même les Etats-Unis fin 2019.

Nous n’avons pas prévu de lancer de magasin ou de parti politique mais il nous arrive de collaborer avec des organisations non-gouvernementales comme FoodWatch, pour alerter l’opinion sur la présence de produits toxiques comme le dioxyde de titane dans certains produits de grande consommation.

Nous réfléchissons par contre au lancement d’un label. Notre plus grande victoire c’est de voir qu’une mauvaise note dans Yuka pousse désormais certains industriels à changer leurs recettes.

Les fondateurs de Yuka

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