Luc Veuillet, Insign : « Avec la voix, les marques peuvent réduire leur dépendance aux GAFAs »

luc veuillet - insign

Directeur de l’innovation d’Insign et co-fondateur de la Mobile Marketing Association France, Luc Veuillet prépare déjà l’après mobile avec la voix : une interface, enrichie par l’intelligence artificielle, et qui pourrait permettre aux marques de réduire leur dépendance aux GAFAs.

Insign, une « agence digitale » ?

LV – C’est une définition peut être un peu restrictive. Nous sommes à l’écoute des entreprises, de leurs enjeux business et nous les accompagnons dans leur croissance et leur transformation digitale.

Cela passe par un travail sur le business model, la proposition de valeur et cela peut effectivement se traduire par un accompagnement de leurs équipes digitales.

Mais grâce au mobile, qui s’impose désormais dans toute la chaîne de valeur de l’entreprise, nous travaillons avec des équipes retail ou n’importe lequel des métiers de l’entreprise.

Après le mobile, le futur terrain de jeu des années 2020, c’est la voix ?

LV – Il est clair que les marques doivent en faire une priorité. Certaines ont raté le virage du digital et cela leur a coûté cher. D’autres ont tardé à prendre le virage du mobile, et la fenêtre est sans doute en train de se refermer.

Mais la voix et les objets connectés, constituent effectivement une formidable opportunité, en offrant des expériences plus courtes, sans visuels, et avec un environnement concurrentiel encore gérable.

Attention toutefois car la combinaison de l’intelligence artificielle, alimentée par la puissance de calcul du cloud computing, et le big data pour alimenter le machine learning, profitent aujourd’hui surtout aux GAFAs, qui cherchent à imposer une nouvelle intermédiation aux marques.

Si ces dernières ne se réveillent pas très vite, elles risquent de passer à côté de ce qui est essentiel pour elles : comprendre leurs clients et se créer, avec l’IA, un véritable asset stratégique.

Le vocal, une opportunité pour limiter l’intermédiation des GAFAs ?

LV – Oui. Aujourd’hui, cela ne coûte que quelques euros, d’intégrer de la commande vocale à une machine. Nous travaillons avec SNIPS et Voxygen par exemple sur des prototypes de machines : sur une machine à café, cela va du « control and command » au voice commerce et CRM vocal.

L’enjeu est d’être « privacy by design », c’est-à-dire respecter bien évidemment le RGPD et l’éthique française en matière de données personnelles, et en fonction de la permission du consommateur, proposer des fonctionnalités plus avancées en indiquant si il reste du café, de quelle marque il s’agissait car on a vite oublié, quelle est son origine, si il existe des produits équivalents, en recommander, le noter, etc.

Aujourd’hui, tout cela est possible, sans passer par des plates-formes, qui collecteront des données personnelles, prélèveront des commissions et très vite, imposeront aux marques leurs propres règles en faisant d’elles des « commodités ».

Donc oui, les marques peuvent reprendre le pouvoir et réduire leur dépendance aux GAFAs, mais elles doivent investir dès maintenant dans ce type de projets. C’est en tout cas notre crédo chez Insign avec une règle imposée : partir du client, de ses besoins en situation.

 

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